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12 et 13 janvier 2015

Tortuguero


Faute de disponibilité pour une nuit supplémentaire à "Casa Tago", nous avons rejoint la veille l'hôtel "Mi Tierra" situé sur le trottoir d'en face. Le confort y est comparable au premier même si nous le préférons à cause de la présence de fenêtres dans les chambres. Le petit déjeuner n'y est cependant pas très copieux. Pas de fruits exotiques pour accompagner la boisson chaude !
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Nous démarrons notre premier grand périple pour rejoindre le parc national de Tortuguero situé à l'est pays. Le responsable de l'hôtel nous donne quelques renseignements incomplets qui ont tout de même le mérite de nous mettre sur la bonne voie pour rejoindre le premier bus du parcours. Nous ne savons pas trop ce qui nous attend. Mais les guides ("lonely planet" et "le petit futé") et les mails reçus lorsque nous avons réservé l'hôtel de Tortuguero semblent dire qu'il ne faut pas se séparer de nos bagages car il y a des vols même quand ils sont mis en soute.
Notre premier bus nous mène à San José. En route nous remarquons la circulation dense et le peu d'indications sur les routes. Dans quelques jours, nous réceptionnerons une voiture de location (louée via le réseau https://www.toutcostarica.com) et l'idée de se retrouver dans ce capharnaüm nous inquiète. Le bus nous dépose dans une des gares routières de la capitale. Nous prenons un taxi pour en rejoindre une autre nommée caribenos située au nord de la ville. Nous arrivons juste avant 9 heures pour prendre le bus en direction de Cariari. Ici nous sommes forcés de mettre nos bagages en soute même si nous parvenons quand même à en monter un avec nous en cabine malgré les suppliques du chauffeur. En cas de vol, on se dit qu'on n'aura pas tout perdu. A chaque arrêt du bus pour prendre ou descendre des passagers en route, il est un peu angoissant de savoir que la soute est ouverte régulièrement pour déposer ou retirer des bagages.
Dans le bus un rabatteur commence à s'adresser aux touristes pour vendre des chambres d'hôtel ou des tours. Nous rencontrons ce genre d'individus dans le monde entier. Inutile de dire que nous refusons ses avances car ces personnes sont rarement honnêtes et si par bonheur elles proposent des prix intéressants, c'est souvent au mépris des lois locales. Accepter de traiter avec ces individus revient souvent à participer à la corruption. Comprenant qu'il n'obtiendra rien de nous, il finit par nous donner un conseil en disant qu'arrivés à Cariari, il ne faut pas rejoindre l'ancienne gare mais s'installer dans le bus qui attendra à quai en payant directement au chauffeur. Ainsi on éviterait une longue file d'attente avec les locaux. On subodore une arnaque mais n'en sommes pas sūrs. La barrière de la langue fait que nous ne comprenons pas tous les détails parfois.
A Cariari, nous suivons stupidement tous les touristes du bus pour aller dans l'autre bus suivant les indications du rabatteur. Nous pensons faire bien. Le paiement se fait auprès du chauffeur qui ne délivre pas de ticket. Cela éveille nos soupçons d'autant plus qu'aucun costaricain ne se trouve dans le bus ! Le bus démarre et quelques centaines de mètres plus loin il effectue un arrêt dans une autre gare où une longue file d'attente de locaux et quelques rares touristes attendent. Ils montent dans le bus en donnant un ticket au chauffeur. Nous comprenons alors qu'ils ont acheté leur ticket de manière officielle au guichet de la gare et que ce qu'on a donné au chauffeur sans ticket en retour ira directement dans les mains du chauffeur, du rabatteur et quelques acolytes. Nous interrogeons l'un des costaricains pour connaitre le montant de son ticket. Il nous indique 1500 colones. Nous avons payés 1100 colones.
En conclusion, bien qu'on ait repéré le rabatteur au premier contact, nous avons participé à son arnaque à notre insu. Nous avons payé notre billet moins cher que les autres mais l'argent profite à une bande d'individus sans scrupule qui en achetant notre silence 400 colones (i.e. 1500 - 1100), ont récupéré de l'argent au détriment de la compagnie de bus et des locaux qui n'ont pas tous eu une place assise dans le bus alors que certains étaient sūrement arrivés avant nous à la gare...
Notre parcours de bus prend fin à La Pavona où nous payons à un caissier pour la traversée en bateau jusqu'à Tortuguero : l'ultime étape de notre périple. Installés dans le bateau, on nous demande 1000 colones supplémentaires pour le transport des bagages. Après quelques réticences et une discussion houleuse avec le personnel du bateau nous cédons en exigeant un ticket car tous les autres touristes ont payé sans mot dire... La traversée est belle. On voit même un énorme crocodile sur la berge avec la gueule grande ouverte pour réguler sa température corporelle. Le bateau allant trop vite, nous n'avons pas eu le temps de le photographier...

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Le port ainsi que le village de Tortuguero ont un charme suranné. Cela nous a rappelé l'arrivée aux īles Saintes (Guadeloupe) de nombreuses années auparavant ou l'arrivée sur l'īle Gili air en Indonésie plus récemment. Un iguane majestueux observe les va-et-vient sur l'embarcadère. Il n'est pas farouche car se laisse approcher.
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L'hôtel "Casa Marbella" où nous nous installons pour deux nuits a beaucoup de charme. Il se trouve au bord de la lagune. On nous propose d'emblée une balade nocturne pour voir des reptiles et insectes. Vu le montant demandé (15 USD) et sachant que la balade dans les mangroves prévue pour demain est d'un montant élevé (15 USD d'entrée au parc plus 20 USD pour le guide), nous déclinons l'offre. On apprendra plus tard par des touristes qui y ont participé qu'il s'agissait d'un tour sur la plage pour voir des petits serpents et arraignées. Mouais...
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Nous sommes vannés et affamés après ce périple en bus puis en bateau. De plus, la chaleur est humide ici et nous ne sommes toujours pas remis du décalage horaire avec la France. Après avoir posé nos affaires dans la chambre, on prend la direction du centre du village pour y trouver de quoi manger. Le village est minuscule : une rue principale au bord de laquelle s'agglutinent quelques maisons et hôtels. Pas de voiture ici, tout est accessible à pieds.
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Les corps et surtout les visages marqués par les stigmates de la fatigue, nous dīnons au Soda "Dona Maria". La décoration y est effectivement très sommaire comme nous l'avait indiqué notre chauffeur à l'aéroport. Nous absorbons un merveilleurx coktail de fruits et nous mangeons notre premier casado du séjour. Traduit littéralement, le mot veut dit "marié" car il consiste en un assemblage de riz, haricots et autres légumes accompagnés de viande ou poisson. C'est un grand moment de plaisir culinaire à tout petit prix...
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Après le repas, nous continuons à longer la rue principale qui s'arrête à une clôture marquant l'entrée payante du parc. En levant la tête, nous voyons notre premier singe haut perché dans un arbre.

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En rebroussant chemin en direction de l'hôtel, nous prenons quelques chemins de traverse pour voir ce qu'il se cache derrière les belles bātisses longeant la rue principale. On constate que les habitats sont plus précaires. La plupart sont sur pilotis car l'eau est envahissante ici.

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Ce baby-foot résiste malgré les intempéries. Les figurines ne tiennent que grāce à des clous rouillés qui les transpercent cruellement en pleine poitrine de part en part. Elles sont comme crucifiées et nous rappellent l'importance du football dans les pays d'amérique latine.

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Et là nous retrouvons les fameux pneus recyclés en oiseaux porteur de plantes.

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Malgré la fatigue, la nuit fut tout de même difficile car la pluie est tombée sans discontinuer, dans un bruit assourdissant, sur les toits en tôle ondulée.
Par ailleurs, nous notons que les français ou plutôt francophones (vu qu'il y a aussi de nombreux québécois) sont très largement représentés parmi les touristes.

Nous nous levons à 5 heures du matin pour une promenade en bateau dans les mangroves. Notre guide et pilote du bateau s'appelle Roberto. Il parle anglais et a des notions de français. Il nous apprendra peu après que Tortuguero cherche un professeur de français pour répondre au mieux à la demande touristique. Cela confirme notre impression de présence francophone dominante parmi les visiteurs.
La pluie de la nuit n'a pas cessé. Nous nous équipons de nos ponchos tandis que le guide en charge d'autres sur le bateau.


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Nous atteignons rapidement les mangroves.

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Les premiers animaux font leur apparition.

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N'étant pas équipés de téléobjectifs, il est difficile de capturer des clichés des animaux souvent haut perchés dans les branches.

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Par exemple, ici nous ne pouvons que deviner la silhouette d'un paresseux.

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La végétation est exubérante.

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Ici un caļman immobile en position de camouflage : il est à ras de la surface de l'eau et s'est mêlé à la végétation. Il s'apparente ainsi à une branche flottante.

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Nos malheureux vêtements antipluie (achetés à bas prix chez Décatlon ou Go sport) ne résistent pas longtemps aux assauts des trombes d'eau qui tombent du ciel. Les ponchos du guide s'avèrent vite utiles pour nous éviter la douche et surtout protéger nos appareils photos. Nous nous enfonçons dans la jungle humide et touffue. Tout semble figé. On se sent étrangers à cet environnement. Il y règne un silence impressionnant régulièrement interrompu par des bruits d'animaux parfois inquiétants comme le cri du singe hurleur ou de certaines grenouilles. Nous nous sentons à la merci de la végétation dont certains arbres ont des racines aériennes pouvant atteindre 15 mètres de longueur. Des singes hurleurs, des paresseux, des oiseaux de toutes sortes (grives, martin pêcheurs, hérons, ibis, aigrettes, cormorans), lézards, caļmans... apparaissent à la cime des arbres, sur une racine ou camouflés sous des feuilles flottantes. Cependant, nous sommes frustrés par les mauvaises conditions météorologiques qui nous empêchent de sortir nos appareils photos aussi souvent que désiré. De plus, l'éloignement de certains animaux comme les singes ou les paresseux nous fait regretter de ne pas être équipés de télé-objectifs pour les immortaliser au plus près dans les mémoires de nos appareils.
Au fil de l'eau, des souvenirs de lectures viennent en tête : la couverture de l'album "l'oreille cassée" de tintin ou "l'or" de Blaise Cendrars.


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Après environ 3 heures de balade en bateau, nous rentrons à l'hôtel où notre petit déjeuner nous attend. Nous apprécions les boissons chaudes accompagnées de pancakes, fruits exotiques (orange, goyaves, bananes) et jus de fruit (bien que ce dernier ne soit pas naturel).
Après s'être sustentés, nous décidons de nous reposer sur la terrasse couverte au bord de l'eau ainsi que dans la chambre avec l'espoir de voir la fin de cette pluie diluvienne.
Au bout de quelques heures, nous réalisons que la pluie ne s'arrêtera pas. Nous décidons quand même de sortir en bravant ces trombes d'eau qui tombent par averses régulières. Nous chaussons des bottes en caoutchouc gracieusement mises à disposition par l'hôtel pour nous diriger vers la jungle du parc national dans l'espoir d'y observer de nouveaux animaux.


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Le sentier est gorgé d'eau ! Nous nous enfonçons jusqu'aux chevilles. Nous sommes accompagnés par deux touristes françaises rencontrées à l'hôtel. Ce sont deux soeurs qui voyagent ensemble.

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Mais notre motivation est vite récompensée par la présence d'un paresseux et de singes hurleurs. Nous observons aussi un héron tigré qui chasse le têtard, des perroquets papagayo et même un toucan au plumage noir et au bec vert ! Mauvais temps ou pas, il faut bien avouer que ce chemin dans le parc est très court et dépourvu d'intérêt majeur. Cela ne vaut pas les 15 USD demandés pour l'emprunter. C'est un petit complément de la balade en bateau du matin.

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La journée se termine avec un dīner typique au soda "Chez Myriam". La pluie continue à tomber. Mais cela ne mécontente pas tout le monde car un enfant a fait d'une immense flaque d'eau au milieu du terrain de foot, sa piscine privée. Il semble bien s'amuser.

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