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mercredi 11 mai 2011
jeudi 12 mai 2011


La ville de Manakara

Nous voilà dans la gare de chemin de fer de Fianarantsoa pour aller à Manakara.
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 Bien que l'on soit en première classe, le confort à l'intérieur des wagons est spartiate. La première classe est obligatoire pour les touristes car tous les moyens sont bons pour nous faire dépenser notre argent...

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A côté de nos sièges se trouve le bar. En fait... Des glacières retapées contenant des boissons et glaces.
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Il faut savoir que, mis à part cette ligne encore utilisée par les locaux et les touristes, les trains de Madagascar ne servent plus qu'à transporter les marchandises. En effet, le manque de moyens financiers et surtout la corruption ont eu raison de la compagnie locale des chemins de fer. Les lignes sont en si mauvais état que le transport de personnes s'avère très risqué... Le train ne va pas très vite. Joe Dassin aurait dit "A Mada, à vélo, on va plus vite que le train" ;-)
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Le train s'enfonce très rapidement dans la végétation touffue.
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Cette balade va quand même durer toute la journée mais on n'a pas le temps de s'ennuyer car on traverse des paysages splendides, on s'arrête dans des villages très typiques et la population est plutôt accueillante même si elle reste interloquée par ces touristes équipés de leurs appareils photo qui mitraillent en permanence.
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Les arrêts souvent longs permettent de visiter les alentours. Ici nous prenons le temps de visiter une école publique (toutes bien démunies dans ce pays !) et de jouer au basket avec des enfants !
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Les autochtones ont bien entendu compris l'avantage financier qu'ils peuvent tirer d'un tel afflux de voyageurs. C'est pour eux l'occasion de vendre et parfois mendier et pour nous de goûter aux spécialités locales. Nous sommes témoins d'une scène révélatrice du ravage du tourisme de masse. Une touriste d'un groupe de voyage organisé présente un billet de 1000 ariary à une vendeuse de manioc. Elle prend une racine dans le panier de la vendeuse et lui demande si la somme convient. La vendeuse, face à une telle naïveté, lui répond par l'affirmative. Mais cette dernière a fait une très bonne affaire car elle a vendu son bout de manioc 10 fois le prix normalement pratiqué !
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Après cette journée harassante, nous arrivons en gare de Manakara à la nuit. Nous devons chercher un endroit où dormir car, comme d'habitude, nous n'avons rien réservé. La multitude de touristes amenés par le train sont des groupes en voyage organisé et ils ont donc déjà monopolisés la plupart des hôtels. L'atmosphère à la gare est tendue. Les chauffeurs de taxi et de pousse-pousse, en grand nombre, n'hésitent pas à "jouer du poing" pour prendre les clients aux concurrents. Après avoir calmé deux d'entre eux qui veulent nous ramener dans le centre ville en pousse-pousse, seul l'un d'eux finit par accepter notre prix (qui est celui normalement pratiqué avec une légère hausse !). Notre appréhension concernant les places libres dans les hôtels se confirme. Les meilleures chambres sont réservées. Nous finissons par en trouver une dans l'hôtel "Sidi". Malgré ses trois étoiles nous constatons qu'il n'est pas cité dans nos guides. Nous supposons que c'est sûrement dû au service et à l'hygiène qui laissent vraiment à désirer ! Nous passerons les deux nuits suivantes, une fois la vague de tourisme de masse passée, dans un hôtel plus sympathique nommé "Les délices" et tenu par un réunionnais.

Le lendemain, nous nous promenons seuls au bord de la mer malgré les nombreux rabatteurs qui veulent, une fois de plus nous vendre des circuits guidés.
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On note ici la petite fille qui marche les bras croisés par mimétisme afin de ressembler à une "vazaha".
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Manakara est intéressante pour deux aspects : la mer et le fameux canal des pangalanes parallèle à la plage.
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Le canal est navigable. On notera la voile faite de sacs en plastique qu'on reverra un peu partout par la suite : quand l'argent fait défaut, le génie humain est le dernier recours.
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Nous nous dirigeons vers le "pont rouge" où quelqu'un nous a dit qu'il y a l'embarcadère pour les balades en pirogue. Le pont est charmant de loin.
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De près, le délabrement de l'ossature saute aux yeux...
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Nous cherchons en vain l'embarcadère pour prendre une pirogue. Nous questionnons un passant et nous nous installons à la terrasse d'un restaurant pour déjeuner, le temps que notre requête fasse le tour du pâté de maisons...
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Les démarcheurs ne tardent pas. Nous faisons confiance à un jeune pas très sûr de lui mais qui propose un tarif raisonnable.
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Nous pagayons un peu pour nous rendre compte de la difficulté de l'exercice.
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Nous passons devant le monument commémoratif de l'insurection sanglante du 29 mars 1947 contre le colonisateur français.
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Le canal est une source de subsistance. Le guide nous confie que les eaux étaient poissonneuses. Lors d'un grand programme de lutte contre le paludisme, les moustiquaires fournies par le gouvernement, ont été détournées de leur fonction d'origine pour servir de filet de pêche qui attrapent tous les poissons y compris les plus petits ! L'écosystème du canal en a pâti.
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Sur les berges, nous observons une plante carnivore : le népenthès.
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Nous prenons le temps de visiter un village de pêcheurs situé entre canal et océan. Contre toute attente, les villageois ne nous harcèlent pas. Face à nos interrogations, le guide finit par nous dire que le chef du village a un accord financier avec les responsables touristiques de Manakara. Les habitants seraient donc briefés pour laisser le visiteur tranquille ?
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Ces bateaux qui tiennent plus de la coquille de noix que du chalutier, servent à la pêche. Les hommes partent souvent seuls, sans radio ou tout autre matériel de secours, à plusieurs dizaines de kilomètres de la côte pour pêcher des poissons tels que le requin.
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En fin d'après-midi, lorsque le jour décline, les eaux du canal se calment.
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Une journée de plus est nécessaire pour profiter de ce coin de paradis. Il y a un lieu dit "trou du commissaire" où une barrière de corail facilite la baignade dans cette océan houleux. Le sentier de sable pour y parvenir, situé entre canal et océan, est long de 6 km. Nous choisissons de partir seul en louant un VTT chez "Boys".
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Le parcours est prétexte à de belles rencontres et... aventure oblige, l'un de nos vélos est victime d'une crevaison. N'ayant pas de matériel pour réparer la chambre à air, nous continuons notre route car c'est supportable sur la piste de sable.
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Arrivés au "trou du commissaire", nous déjeunons dans une gargotte avant la baignade qui s'impose. La plage est déserte, nous savourons sa tranquillité.
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De retour chez "Boys" pour rendre les vélos, ce dernier fait un geste commercial complètement innatendu dans ce pays : il facture une seule bicyclette puisque la seconde a crevé.
Le lendemain matin nous quittons Manakara avec la traditionnel taxi-brousse pour rejoindre Ranohira avec une halte obligée pour la nuit à Fianarantsoa (que nous avons déjà visité) car la route est longue.
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