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3 au 4 mai 2011

La ville de Morondava

Au bout de la route, la piste puis au bout de la piste, Morondava : la grosse ville de l'ouest de Madagascar. Nous sommes ici surtout et avant tout pour voir l'une des spécificités de Madagascar : les baobabs.

Nous nous faisons déposer par le taxi-brousse au charmant hôtel Trecicogne construit sur pilotis et situé au bout de la presqu'île de Nozy Kely.

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Ce cadre de rêve cache tout de même un voisinage pas très glorieux car la misère saute aux yeux dès qu'on sort des rues principales. De plus, un certains nombre de bâtisses (d'anciens édifices touristiques ?) sont laissées à l'abandon.

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La plage quasiment déserte de Nozy Kely est immense et magnifique sous le soleil.

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Le centre ville est sous la poussière car on remplace la piste de latérite par du goudron. Un habitant nous dit que c'était bitumé quand il était jeune mais le manque d'entretien de la voirie a rendu la terre maîtresse des lieux...

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Le but de notre visite est la légendaire "allée des baobabs" située à 18 km de la ville. Nous cherchons des VTT pour nous y rendre. Tout le monde nous parle d'un certain Big Joe qui aurait des vélos à louer. Nous trouvons porte close à son domicile. Sa voisine nous dit qu'il doit sûrement dormir car il s'occupe d'un bar karaoké et se couche très tard. Nous allons déjeuner pour laisser le temps à Big Joe de se réveiller. Hum, les bonnes crevettes...

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Après l'excellent repas, nous retournons à la rencontre de Big Joe mais il dort toujours. Il faut se rendre à l'évidence, nous n'aurons pas l'honneur de connaître le fameux Big Joe avant la fin de la journée ! Décidés à ne pas perdre de temps, nous louons un quad à l'hôtel Baobab-café. Nous n'avons jamais conduit ce genre d'engin. Le loueur nous explique rapidement le maniement et nous donne, comme seule protection, un casque (de VTT !) pour le conducteur. Le passager n'a droit à rien. Ici on ne badine pas avec votre sécurité ;-) Et nous voilà partis sur les pistes à la recherche des baobabs.

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En chemin, les paysages ruraux sont grandioses et l'accueil de la population est plutôt chaleureux.

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Les premiers baobabs font leur apparition. Ils sont majestueux dans cette campagne !

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La grandeur de ces arbres nous incite à la modestie : nous avons à faire à de véritables pachydermes végétaux.

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Nous approchons de notre objectif de la journée : l'allée des baobabs.

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La texture de l'écorce de ces arbres leur donne un aspect plastifié.
Il faut savoir que Madagascar possède sept variétés de baobabs alors que l'Afrique n'en possède qu'une ! Six d'entre elles sont endémiques à l'île rouge. Certaines espèces ont 1000 ans d'âge. Nous aimons bien la description qui en est faite par Gérard Durrell dans son roman Le aye-aye et moi : "Leurs silhouettes surgissaient au milieu des autres essences comme une armée de bouteilles de Chianti : vingt-cinq mètres de hauteur, un ventre dans lequel on aurait pu loger. Avec leurs petites branches ridicules, ils font penser à une obèse qui aurait raté sa mise en plis. Quel crime affreux a commis cet arbre, me demandai-je, pour que le Tout-Puissant lui ait infligé pareille punition ? Si l'on en croit la légende, il l'a arraché à la terre qu'il venait de créer pour le retourner - racines en l'air et branches sous terre -, le condamnant à rester jusqu'à la fin des temps l'arbre à l'envers." Pour filer la métaphore, avec ses branches portées vers le ciel, ne ressemble-t-il pas au titan Atlas qui jadis fût condamné par Zeus à soutenir le monde ? Si de tels piliers soutenaient le ciel de France, nos ancêtres les gaulois n'auraient pas craint qu'il ne leur tombe sur la tête.

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A la tombée de la nuit, quand le soleil vient flirter avec les branches du baobab, ce dernier s'enflamme en se parant de couleurs chatoyantes.

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Bien que satisfaits par le spectacle offert par ces arbres, nous sommes vannés par les secousses dues à la piste accidentée. La poussière s'est inscrustée sur nos vêtements et notre peau.

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Comblés, nous partons le lendemain pour Ambositra (avec une escale d'une journée à Antsirabe que nous connaissons déjà car la route est longue en taxi-brousse !). La veille, nous nous étions arrangés avec le réceptionniste de l'hôtel pour qu'un taxi-brousse passe nous chercher. Ce matin, on se rend compte qu'on ne s'est pas compris car la coopérative contactée veut nous faire payer les 15 places du véhicule pour qu'on parte seuls. Hors de question de jouer au riche "vazaha" ! Nous prenons nos sacs à dos et partons en direction de la gare routière.

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Le taxi-brousse se fait bien entendu toujours autant désirer : malgré l'assurance d'un départ imminent de la part de la guichetière, nous attendons quelques heures le remplissage du véhicule...

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Le taxi-brousse fait un arrêt très rapide à la station essence : le chauffeur a du mettre en tout et pour tout un litre de carburant. Cela paraît bien insuffisant pour le trajet que nous avons à faire. Mais quelques kilomètres plus loin, nous comprenons que le passage à la station est un subterfuge pour cacher l'arrêt dans l'arrière cours d'une maison où des personnes apportent des bidons remplis de carburant provenant d'un marché noir. Dans notre for intérieur, nous plaignons le pauvre gars chargé du plein du véhicule lorsque le carburant atteint sa bouche puis son visage à cause du siphonage. Il ne réalise visiblement pas les risques qu'il prend pour sa santé car il nous regarde en souriant et nous fait signe, en frottant son pouce contre son index, que "money is money".

(*) Vazaha : qualificatif local pour désigner les blancs
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