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30 avril 2011

La ville de Tananarive

Le voyage aller consiste en trois étapes : Paris, Lyon, Saint Denis de La Réunion avant l'arrivée à Tananarive.


De l'Ile de La Réunion à Tananarive, nous volons à bord d'un ATR72. Madagascar se laisse peu à peu découvrir à travers les nuages.
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Après un passage au bureau de change, nous prenons la navette ADEMA pour 10000 ariary par personne afin de nous rendre directement dans la zone hôtelière de Tananarive. C'est une solution moins onéreuse que les taxis avec lesquels il faut négocier pour avoir un prix raisonnable. Des petits malins s'improvisent porteurs en prenant les bagages dans nos mains pour les mettre dans la navette afin de réclamer de l'argent. Nous faisons la sourde oreille... Mais avec certains touristes qui n'ont pas encore de monnaie en devise local, ils récupèrent des pièces de 1 ou 2 euros soit 2800 ou 5600 ariary ! Cela rend le travail très rémunérateur par rapport au salaire moyen dans le pays...

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Comme d'habitude, nous arrivons dans la capitale sans avoir réservé la moindre chambre. Nous finissons par trouver un pied-à-terre dans l'hôtel Jean Laborde.
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La ville siège sur un ensemble de collines (18 au total). Cela rend sa visite sportive.
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Comme dans toute capitale, il y a beaucoup de circulation et d'activités.
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Sur l'avenue de l'indépendance, des bandes d'enfants, sous le prétexte de faire la mendicité en présentant une casquette d'une main, essaient de prendre ce qu'il y a dans nos poches avec l'autre main. Nous ne sommes pas dupes et n'avons d'autres choix que de les écarter violemment. Nous aurons l'occasion d'évoquer cet évènement avec d'autres touristes au cours de notre voyage et nombreux sont ceux qui nous diront avoir été victimes de vols sur cette avenue. Au bout, se trouve la gare de train désaffectée. Selon les  dires d'une personne que nous rencontrons près de l'édifice, la compagnie des chemins de fer a fait faillite à cause de la corruption qui y sévissait.
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Nous nous dirigeons ensuite vers la haute ville qui présente un quartier historique. Les monuments et les rues en général sont mal entretenus. Ce sont souvent les vestiges d'un passé colonial et le témoignage d'un présent marqué par la pauvreté. Malgré la malgachisation qui a sévi un temps, le français reste encore très usité sur les enseignes et est compris par bon nombre de malgaches (surtout parmi les plus âgés !). D'après le roman Rade Terminus de Nicolas Fargues, "le français restait un instrument de sélection sociale, comme les 4x4, les téléphones portables et l'abonnement à TPS".
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Chemin faisant, nous constatons le grand nombre d'automobiles d'un autre âge souvent de marque française : 2 CV, 4L, 403, 203...
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Le soir nous dînons au restaurant de l'hôtel sakamanga. Nous sommes choqués par le grand nombre de touristes d'un âge avancé (souvent français !) accompagnés de belles jeunes filles malgaches. Le tourisme sexuel se pratique sans complexe dans ce pays. Dans le roman Rade Terminus de Nicolas Fargues, le sujet est évoqué comme suit : "La prostitution était une véritable institution, à tel point que cela finissait par paraître normal au bout d'un moment, ça ne choquait plus personne ici, rien que les touristes de passage."

Tananarive ne présente pas un gros intérêt touristique. Nous partons dès le lendemain pour notre première expérience en taxi-brousse. Mais il faut pour cela aller en taxi à la gare routière de la ville. Ne connaissant pas le prix pratiqué pour la course, nous interrogeons la tenancière de l'hôtel : 6000 ariary. Au petit matin, la patronne de l'hôtel n'étant pas présente, un employé nous sert le petit-déjeuner et nous indique que le coût du taxi est de 40000 ariary ! Nous ne tardons pas à comprendre que ce dernier s'est entendu avec un chauffeur de taxi pour nous faire payer presque 7 fois le prix "normal". Nous hélons un autre taxi dans la rue qui nous accompagne à la gare routière pour 7000 ariary au nez et à la barbe de l'employé de l'hôtel. Nous regrettons le pourboire laissé à cet individu malhonnête
pour le service de petit déjeuner. Malheureusement, ces types d'abus vont joncher notre séjour à Madagascar. La vigilance s'impose à tout instant...

La première fois qu'on arrive dans une gare routière, on est submergé par un sentiment de malaise voire même de peur : l'emplacement grouille de véhicules et de gens. Parmi ces derniers, de nombreux démarcheurs veulent nous avoir comme clients. En tant que touristes, nous sommes des cibles de choix car notre relative naïveté laisse entrevoir des perspectives de prix surévalués pour accroître leurs commissions. On nous fait payer 10000 ariary par personne. Ensuite, la personne qui délivre les tickets nous demande 4000 ariary supplémentaires pour les bagages. Sentant l'arnaque, nous nous rebellons et tout rentre dans l'ordre.

L'effet de surprise passé et après quelques heures, nous embarquons dans le taxi-brousse en direction de la ville d'Antsirabe. L'avantage de prendre une voiture est qu'elle se remplit plus vite qu'un minibus. Mais nous n'avons pas toujours le choix malheureusement...
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En route nous sympathisons avec les voyageurs. Malgré notre méfiance et nos précautions, nous apprenons que nous avons payé 2000 ariary de plus que les autres. On aurait du vérifier les prix sur le panneau d'affichage dans la guérite de la coopérative.

L'un des passagers est un "sociologue agricole" selon ses propres termes. Il nous confie sa vision très intéressante de Madagascar. En voici quelques bribes :
  • Les parcelles de terrain sont exploitées toute l'année : il n'y a pas de jachère. Il semblerait que la terre ne s'appauvrit pas car des cultures différentes sont mises en oeuvre;
  • Les fruits sont de saison mis à part les bananes qui sont mangées tout au long de l'année car elles sont cueillies vertes pour mûrir en terre;
  • Alors que le pays devrait pouvoir assurer son autosuffisance alimentaire, il continue à importer du riz;
  • Les conservateurs sont hostiles à tout changement dans le pays car la situation actuelle leur permet de s'enrichir facilement;
  • Madagascar est un pays qui bénéficie d'un climat privilégié. Quasiment tout peut y pousser. L'agriculture est pluviale : elle ne nécessite pas d'arrosage...
Nous ne savons pas encore que nous vivons un moment privilégié car nous ne retrouverons une telle complicité avec les autochtones que très rarement au cours de notre séjour.

Ces images insolites photographiées dans les rues de la capitale résument assez bien l'atmosphère sur la route en taxi-brousse.
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